• FONCTIONNEMENT DU FAMAS

    ETUDE DES OPERATIONS ELEMENTAIRES

    OBTURATION

    Organisation générale :

        Le FAMAS fonctionne selon le principe du système à culasse non calée à levier amplificateur d’inertie appelé aussi à ouverture retardée.
        L’on retrouve l’emploi de ce système sur de nombreux fusils-mitrailleur comme l’AA 52 ainsi que sur la gamme HK, comme le G3 ou l’HK 33 par exemple.
        L’avantage de ce système est qu’il n’est pas nécessaire de disposer sur l’arme d’un régulateur de gaz comme sur les armes à emprunt de gaz. Régulateur généralement à trois positions et que l’on fait varier en fonction du type de munitions employées ou en fonction de l’encrassement de l’arme.
    Les pièces qui entrent en jeu dans ce système de fonctionnement sont :
    ·    La culasse
    ·    Le levier amplificateur d’inertie
    ·    La masse additionnelle
    ·    Le coin d’appui porté par la boîte de culasse
    Le système moteur comporte deux mouvements :
    ·    Un mouvement arrière, action directe de la veine gazeuse sur la culasse.
    ·    Un mouvement avant, décompression du ressort récupérateur.

    Opérations élémentaires : schéma 1 et 2

    SCHEMA 1

    SCHEMA 2

    1)    Mouvement arrière (ouverture)

    Au départ du coup, la culasse et la masse additionnelle se trouvent en position avant et le percuteur a été frappé par le marteau.
    L’expansion de l’étui assure l’étanchéité.
    Le mouvement arrière comporte deux phases distinctes :
    ·    Première phase dite du « temps de sécurité à l’ouverture »
    La culasse mobile transmet à la masse additionnelle par l’intermédiaire du levier amplificateur d’inertie l’énergie qu’elle a reçue. Celui-ci effectue un mouvement de rotation de 45° entraînant par la même un mouvement de recul de la masse additionnelle à une vitesse 3,6 fois supérieure à la sienne. Durant le mouvement de rotation le retrait du percuteur s’effectue et l’extraction se produit.
    Pendant toute la durée du trajet de la balle à l’intérieur du canon la culasse se trouve en position avant, jusqu’au moment où le levier finit sa rotation.
    ·    Deuxième phase
    Une fois que le levier a achevé sa rotation, chacune des pièces composant l’ensemble mobile reculent à la même vitesse. L’étui s’éjecte, le marteau se réarme et la gâchette automatique l’accroche. Le ressort récupérateur se comprime durant l’entière phase du mouvement arrière. Une fois que la culasse a reculé au-delà de la cage chargeur une nouvelle cartouche peut se présenter. En fin de course arrière l’ensemble mobile dissipe son surplus d’énergie sur l’amortisseur qu’il comprime sur une course de 25 mm.
    2)    Mouvement avant (fermeture)
    Le ressort récupérateur en se décompressant produit le mouvement avant. Ce mouvement est limité vers l’avant soit par le contact d’une nouvelle cartouche sur le cône d’appui de la chambre soit par le contact de la masse additionnelle avec la boîte de culasse dans le cas où aucune cartouche n’est introduite.
    Si une cartouche est introduite durant le mouvement avant, lors de la fermeture de la culasse la griffe de l’extracteur s’engage dans la gorge de l’étui et l’éjecteur se compresse.
    Le retour du levier amplificateur d’inertie dans sa position initiale c'est-à-dire en position verticale et dont la masse additionnelle passe sur la partie supérieur de ses bras supérieurs marque la fermeture complète de l’ensemble mobile. La fermeture est dite « complète » si le levier d’armement a franchi l’arrêt du levier d’armement.

    ALIMENTATION

    Chargement

    Approvisionnement :
    Effectué par l’introduction du chargeur garni.
    Transport :
    La décompression du ressort élévateur qui entraîne vers le haut la planchette élévatrice permet le déplacement des munitions à l’intérieur du chargeur.
    Distribution :
        Deux demi-transports permettent d’assurer la distribution des cartouches. Le premier s’effectue lors de la fermeture de l’ensemble mobile (mouvement avant) et le second lors de l’ouverture (mouvement arrière). La fausse cartouche qui est constitué par la planchette élévatrice du chargeur ainsi que par sa lèvre gauche permet le guidage de la dernière cartouche.
    Présentation :
        Les cartouches sont placées à l’intérieur  du chargeur en deux piles imbriquées.
    Introduction :
        Pendant le second demi-transport la cartouche qui fait saillie est saisie par la culasse qui la propulse dans la chambre.

    Evacuation de l’étui

    Extraction :
        L’extracteur se saisit de l’étui afin de retirer celui-ci de la chambre. La place qu’occupe l’extracteur dans la cuvette de tir sert à orienter le sens de l’éjection en fonction de la configuration adoptée (gaucher ou droitier) sur l’arme.
    Ejection :
        L’éjecteur à pompe occupe la même position quelque soit le sens de l’éjection car il est placé dans le plan de symétrie de la culasse. L’étui pivote autour de l’extracteur qui le maintient sur son côté puis étant poussé par l’éjecteur, il jaillit à l’extérieur de l’arme par la fenêtre d’éjection qui n’a pas été obturée.

    MISE A FEU

    Organisation générale

    Percussion :
    Percussion centrale, percuteur et masse percutante indépendante
    Détente :
        Organisé en vue de permettre le tir mixte (auto et semi-auto)
    Pièces en jeu :

    1)    Mécanisme de percussion

    ·    Percuteur
    ·    Masse percutante
    ·    Ressort de percussion

    2)    Mécanisme de détente
    Sur le fût ; le pontet avec :
    ·    Le sélecteur de tir et son levier
    ·    La détente

    Dans le boîtier de mécanisme :

    ·    La gâchette automatique
    ·    La gâchette commandée
    ·    L’entraineur de gâchette commandée
    ·    La tringle de liaison transmet l’action entre la détente et les gâchettes

    Opérations élémentaires
    Mécanisme de percussion :
    1)    L’armé est effectué par l’intermédiaire de l’ensemble mobile, par action du tireur sur le levier d’armement en ce qui concerne le premier coup puis automatiquement pendant le déroulement du tir.
    2)    Le marteau est accroché à son cran d’armé :
    o    Par la gâchette commandée lors du départ du coup.
    o    Par la gâchette automatique lors du départ en rafale ; après le départ du premier coup
    3)    Le cran de retrait qui est porté par le levier amplificateur d’inertie assure le retrait du percuteur. Bien que la culasse n’ait pratiquement pas bougé immédiatement après le départ du coup le mouvement de rotation du levier amplificateur repousse le percuteur.

    Mécanisme de détente :
        Les rôles joués par les mécanismes de détente sont :
    ·    D’accrocher et de maintenir accroché en position armé le marteau (gâchette commandée)
    ·    D’accrocher le marteau après chaque coup et de l’abandonner, automatiquement ou non, pour le départ du coup suivant (gâchette automatique)

    Fonctionnement en coup par coup
        Le sélecteur de tir se trouve sur la position « 1 ».
    1)    Position des pièces au départ du coup :
    Le marteau est accroché par son cran d’armé à la gâchette commandée, la compression du ressort de percussion est effective.
    2)    Action du tireur sur la détente
    Le jeu de la détente est rattrapé par le tireur. La tringle de liaison entraîne en rotation. L’entraîneur de gâchette commandée et la gâchette commandée libère le marteau si le tireur poursuit son action. (Schéma 3)

    SCHEMA 3

    Celui-ci sous l’action du ressort de percussion pivote violemment autour de son axe et vient frapper le percuteur qui provoque le départ du coup.
    L’armement du marteau est réalisé pendant le mouvement arrière de l’ensemble mobile et à fond de course le marteau s’accroche sur la gâchette automatique. (Schéma 4)

    SCHEMA 4

    3)    Le coup part
    L’ensemble mobile recule, le levier amplificateur tourne.
    Au début du mouvement avant le marteau est accroché par la gâchette automatique.
    Le ressort de percussion est comprimé par l’ensemble mobile qui rabat le marteau.
    L’ensemble mobile effectue son mouvement avant.
    Le marteau repart vers l’avant et est accroché par la gâchette automatique (sécurité à la fermeture).
    L’ensemble mobile est en position avant.
    Le décrochage du marteau est provoqué lors de la fin du mouvement avant de la masse additionnelle par l’appui du bec inférieur gauche du levier amplificateur d’inertie sur la commande de gâchette automatique. (Schéma 5)

    SCHEMA 5

    A ce moment-là le marteau vient s’accrocher sur la gâchette commandée et le tir s’arrête.
    4)    Le tireur relâche la détente
    L’interruption de l’action du doigt sur la détente entraîne le décrochage de l’entraîneur de gâchette commandée celle-ci assurant toujours le crochetage du marteau en position prête au tir. (Schéma 6)

    SCHEMA 6


    FONCTIONNEMENT EN TIR AUTOMATIQUE, RAFALE LIBRE

        Le sélecteur de tir est sur « R »
        Le fonctionnement est identique à celui du tir au coup par coup exception faite que la course de l’entraîneur de gâchette commandée étant plus longue en position rafale (schéma 7) le marteau ne peut plus s’accrocher sur la gâchette automatique. Lorsque le tireur interrompt l’action de son doigt sur la détente le tir cesse, la gâchette commandée peut donc se mettre en position d’accrochage coup par coup.

    SCHEMA 7


    SECURITE DE L’ARME

        C’est le levier amplificateur d’inertie qui assure toutes les sécurités (schéma 8)

    SCHEMA 8


    SECURITE A LA FERMETURE

        Le levier amplificateur d’inertie ne peut pas appuyer sur la commande de gâchette automatique et donc libérer le marteau s’il n’a pas achevé sa rotation du fait que la masse additionnelle ne soit pas revenue en position avant.

    SECURITE A LA PERCUSSION

        Pendant le mouvement avant le corps du levier amplificateur d’inertie qui n’a pas fini sa rotation bloque le percuteur empêchant celui-ci de faire saillie dans la cuvette de tir.

    SECURITE A L’OUVERTURE

        Voir obturation, mouvement arrière.
        Si l’utilisateur au cours d’un remontage oublie le levier amplificateur, la gâchette automatique ne peut s’effacer, le départ du coup ne peut avoir lieu car le marteau reste accroché sur la gâchette automatique.

    SURETE

        Lorsque le sélecteur de tir se trouve en position « s ».
        La détente bute sur le gradin supérieur du sélecteur et la gâchette commandée ne peut donc pas être actionnée. La sûreté est donc la conséquence directe du blocage de la détente.

    SYNTHESE DE FONCTIONNEMENT

    Position des pièces au départ du coup
    ·    L’ensemble mobile est en position avant
    ·    Le ressort récupérateur est décomprimé
    ·    La cartouche suivante est en place sous la culasse
    ·    L’extracteur est en prise dans la gorge de l’étui
    ·    Le marteau est en position avant
    ·    Le percuteur fait saillie dans la cuvette de tir
    ·    La détente est actionnée, la gâchette commandée est en position avant poussée par la tringle de liaison

    Mouvement arrière des pièces mobiles
    ·    Premiers temps du mouvement
    ·    Rotation du levier amplificateur d’inertie
    ·    Retrait du percuteur
    ·    Recul de la masse additionnelle
    ·    Deuxième temps du mouvement
    ·    Ouverture
    ·    Extraction
    ·    Rotation du marteau, compression du ressort de percussion.
    ·    Ejection
    ·    Deuxième demi-transport d’une deuxième cartouche-présentation
    ·    Contact de l’ensemble mobile avec l’amortisseur

    Mouvement avant des pièces mobiles
    Décompression du ressort-récupérateur
    ·    Premier temps du mouvement
    ·    Introduction
    ·    Premier demi-transport d’une troisième cartouche
    ·    Fermeture
    ·    Accrochage du marteau par la gâchette automatique
    ·    Deuxième temps du mouvement
    ·    Rotation du levier amplificateur d’inertie
    ·    Accrochage du marteau par la gâchette commandée

    Départ d’un nouveau coup ou d’une nouvelle rafale
    Relâchement de la queue de détente
    ·    La gâchette commandée reprend sa position initiale
    Nouvelle action du doigt sur la queue de détente
    ·    Décrochage du marteau
    ·    Percussion

    FONCTIONNEMENT DU LIMITEUR DE RAFALE

        Lorsque le limiteur est enclenché (position « 3 ») et que le doigt est appuyé sur la détente, à chaque rotation arrière du marteau, la tige de marteau entraîne en rotation le levier de manœuvre du limiteur qui grâce à son cliquet « d’entraînement » fait réaliser à la roue à rochet une rotation correspondante au comptage d’un coup. (Schéma 9)

    SCHEMA 9

        Un cliquet dit « de retenue » s’engage alors dans la roue opposée et empêche la roue à rochet de revenir à la position repos. (Schéma 10)

    SCHEMA 10

        Un coup est compté.
        Quand le marteau effectue la course de percussion, sa tige libère le levier repos qui revient à  sa position en appui sur le moyeu de la roue à rochet. (Schéma 11)

    SCHEMA 11

        Le comptage des 2 coups suivants s’effectue de cette façon et le fonctionnement du mécanisme de détente pendant les deux premiers coups est identique au fonctionnement en automatique.
        Au troisième coup, la gâchette de limiteur arrête le marteau à fond de course arrière en le crochetant sur le cran inférieur du marteau. (Schéma 12) Ce crochetage est provoqué par la rotation de la came de roue à rochet qui permet au 3ème coup le basculement de la gâchette de limiteur.

    SCHEMA 12

        Le tir s’arrête et c’est l’interruption du doigt sur la détente qui entraîne le décrochage de la gâchette de limiteur en 2 temps :
    1)    Effacement des cliquets « d’entraînement » et de « retenue » par rotation du décliqueteur mis en mouvement par la course en translation arrière de la tringle de liaison. (Schéma 13)

    SCHEMA 13

    2)    Retour à la position repos de la roue à rochet sous l’action de son ressort ce qui permet par rotation de la came le retour en position normale de la gâchette de limiteur.

    LE BOITIER DE MECANISMES

    LE LIMITEUR DE RAFALE


    Le marteau peut alors s’accrocher sur la gâchette commandée.

    DESIGNATION DES PIECES REPEREES SUR LES DIFFERENTS SCHEMAS

    1)    BUTEE DE MARTEAU
    2)    RESSORT DE PERCUSSION
    3)    TIGE DE MARTEAU
    4)    MARTEAU
    5)    GACHETTE AUTOMATIQUE
    6)    TIGE GUIDE DE RESSORT DE GACHETTE
    7)    COMMANDE DE GACHETTE AUTOMATIQUE
    8)    BOITE DE MECANISMES
    9)    BOITE DE CULASSE
    10)    LEVIER AMPLIFICATEUR D’INERTIE
    11)    GACHETTE COMMANDEE
    12)    LUMIERE DE GACHETTE COMMANDEE
    13)    ENTRAINEUR DE GACHETTE COMMANDEE
    14)    TRINGLE DE LIAISON
    15)    TENON AVANT DE TRINGLE DE LIAISON
    16)    TENON ARRIERE DE TRINGLE DE LIAISON
    17)    SELECTEUR DE TIR
    18)    ROUE A ROCHET
    19)    LEVIER DE MANŒUVRE DU LIMITEUR
    20)    CLIQUET DE RETENUE
    21)    CLIQUET D’ENTRAINEMENT
    22)    GACHETTE DE LIMITEUR
    23)    DECLIQUETEUR
    24)    CHARIOT DE DEBRAYAGE
    25)    BOUTON DE LIMITEUR DE RAFALE
    26)    BONHOMME DE RESSORT DE DECLIQUETEUR
    27)    RESSORT DE RAPPEL DE TRINGLE DE LIAISON
    28)    DETENTE
    29)    PION D’ARRET DE ROUE A ROCHET

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  • Commentaires

    1
    MK
    Lundi 28 Avril 2014 à 21:32

    bonsoir,

     

    une question sur les mesures de sécurités au FAMAS notamment après remontage :

     

    - après avoir remonté le fusil pourquoi faut il appuyer sur la queue de détente  tout en actionnant le levier d'armement ?? pourriez vous expliquer svp...

     

    - toujours après remontage : faut il essayer chaque sélection, c'est à dire le coup par coup, la rafale par 3 et enfin la rafale illimitée ??

    si oui, que préconisez vous exactement pour ces opérations et pourquoi ??

     

    merci d'avance

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